Etre des faiseurs de miracles

La seule chose qui peut rendre mon travail intéressant c’est moi-même. J’essaie toujours de rester créatif et vivant parce que je considère qu’il n’y a pas de travail “prêt-à-porter”, un travail pour moi, c’est de la Haute Couture, tous les jours.

Elle est venue manger un jour dans un de mes restaurants de Tokyo avec une de ses amie. Elle était jeune, grande et jolie mais son visage était vraiment triste  Elle m’a dit qu’elle travaillait dans une banque et qu’elle n’aimait pas son travail, mais qu’elle gagnait bien sa vie et que c’était pour ça qu’elle continuait. « Bien gagner sa vie » qu’est-ce que ça peut bien vouloir  dire lorsqu’on se sent triste parce qu’on n’aime pas ce que l’on fait . Plutôt que de « bien gagner » sa vie, ce qui est important c’est de bien la vivre, c’est à dire d’’essayer de rester en harmonie avec soi-même.

Avant de m’installer à mon compte, j’ai été fonctionnaire pendant plus de 20 ans.Malgré le caractère contraignant de cette situation, j’ai toujours réussi à me sentir bien dans mon travail, parce que je suis toujours allé au devant de l’action sans me préoccuper ni de mes horaires, ni de mon salaire. Détaché auprès du Ministère des Affaires Etrangères, je changeais de poste tous les 3 ans environ. La plupart du temps, lorsque j’arrivais dans un nouvel endroit, la situation était poussiéreuse, figée, mon bureau était triste,…

J’aurais pu me désespérer et me laisser écraser par le poids des apparences. Non, je commençais par faire le ménage, ouvrir les armoires, les placards, les tiroirs, jeter tout ce qui était inutile. Ensuite, sur mes fonds propres, j’allais acheter des plantes vertes, des affiches pour décorer les murs, parfois, je remeublais même tout à mes frais. Ensuite, je pouvais commencer à me demander en quoi allait consister mon travail.

La plupart du temps, ça me semblait trop étroit, alors j’élargissais mon cadre professionnel. Par exemple, au Portugal, j’avais été nommé professeur dans une université. J’étais chargé de former des  enseignants de français. J’aurais pu me contenter de donner mes cours mais je sentais que ça ne comblait pas totalement à mes aspirations, pour mes étudiants, j’ai donc créé un ciné-club, un club de théâtre, et comme ça ne suffisait toujours pas, je me suis mis à travailler avec la radio et la télévision,…

Je dois en partie ce que je suis devenu aujourd’hui à l’expérience acquise lors de ces premiers pas. J’y ai appris les contacts avec les média, la communication, les relations humaines,… La chance ne s’attend pas, elle se provoque. Si nous imaginons que c’est notre travail qui va devenir intéressant, nous risquons de passer notre vie à faire des choses ennuyeuses, même en changeant d’activité des dizaines de fois. Notre travail,  c’est nous seuls qui pouvons le rendre intéressant.

 Il y a deux sortes de gens, ceux qui acceptent passivement leur emploi et ceux qui le construisent sur mesure à chaque instant. Ces derniers savent rester vivants , il  n’est pas utile qu’ils fassent des choses extraordinaires,  ils s’impliquent simplement dans ce qu’ils font et ça maintient leur potentiel vital au maximum.

J’appelle ces gens les “Faiseurs de miracles”, parce qu’ils cherchent toujours à résoudre les problèmes. S’ils sont vendeurs de chaussures, ils vont déménager la totalité de leur stock pour vous trouver votre taille,  médecins, il vont se faire un point d’honneur de vous guérir, agents immobilier ils vont remuer ciel et terre pour vous trouver l’appartement que vous cherchez, ….Trouver mille occasions d’accomplir des miracles c’est la meilleure façon de transformer  radicalement notre manière de travailler.

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