Faut-il aimer tout le monde?

Etre conscient ou pas

Il y a une question phénoménologique que se posent beaucoup de gens, qu’ils aient des objectifs spirituels ou non. Cette question c’est : « Que se passe t’il lorsqu’un arbre tombe dans une forêt et qu’il n’y a personne pour le constater ? »

Cela se traduit parfois par la question de savoir ce que devient l’extérieur lorsqu’il n’a pas de conscience pour en témoigner. Autrement dit, notre être est-il un projecteur ou un miroir.

S’il est difficile et risqué de se prononcer sur la question du projecteur, il est possible de répondre à propos de la partie miroir. Il y a une chose certaine c’est qu’aucun être humain n’est capable de sortir de lui-même. Cela s’applique aussi à ceux qui prétendent pouvoir faire des projections astrales…On est dans son corps et il n’y a aucune sortie de secours vers l’extérieur.

Pourquoi accepter de se faire du mal

Tout ce que nous pensons passe obligatoirement par le filtre de notre subjectivité. L’objectivité est impossible. A partir de là, il faut reconnaître que notre rapport sensoriel au monde est du domaine de l’alimentation, du tri, et de la digestion. Nous ingurgitons sans cesse « de l’xtérieur » et nous en faisons « de l’intérieur.

Le monde extérieur (s’il existe) il fait toujours l’objet d’un tri. Nous en tirons ce dont nous avons besoin et nous rejetons naturellement ce qui nous est inutile. Pourquoi retiendrions-nous des poisons, des toxines ou des substances qui nous font du mal…L’organisme lui même nous démontre son mode d’action naturel à travers l’assimilation, l’élimination et le rejet.

Bienvenue chez les Bisounours

L’idéologie « Bisounours » qui constitue souvent la trame de nos spiritualités nous invite à nous interroger voire à nous culpabiliser lorsque nous avons tendance à manifester une relation de rejet par rapport à quelque chose ou quelqu’un.

Je viens d’acheter un ouvrage qui s’intitule « Aucune rencontre n’arrive par hasard », sous-titré :  « Se découvrir à travers les autres ». J’espérais un son neuf, une découverte et malheureusement ce livre partait de la même théorie culpabilisante des « gentils » qui se résume à l’idée que « si vous êtes allergique, c’est votre faute » ou vos « antipathies doivent être soignées » …

Antagonisme et vitalité

S’en suivent des recettes pour réussir à communier dans la béatitude du « tout le monde il est beau… ».

J’ai participé dans mon jeune âge à des formations en « Psychologie antagoniste » et j’y ai appris que justement, le secret de l’unité intérieure c’est d’assumer la dualité, pas de la résoudre.

Nous vivons dans les deux mondes, l’intérieur et l’extérieur et nous devons apprendre à distinguer entre eux et à trier. Chaque être humain a ses degrés d’assimilation et ses rejets mais personne n’est forcé d’ingurgiter une bouteille de poison cul-sec parce que tout le monde le fait.

On est obliger d’admettre qu’il y a des « empoisonneurs », des personnes « imbuvables », d’autres qui « nous font chier », les « emmerdeurs », les « casse-pieds »…la liste est longue mais les métaphores parlent d’elles même car elles se réfèrent toutes à des fonctions biologiques…

Ma chatte vit dans l’unité

« Je ne peux pas les sentir » …C’est ma chatte qui comprend le mieux ce que ça veut dire. Il y a même des gens qu’elle « ne peut pas voir » comme on dit chez les humains. Et en cela, elle est cohérente. Elle vit son Unité intérieure sans s’en culpabiliser le moins du monde. Elle se cache donc sous un lit pendant toute la visite de ceux qu’elle ne peut pas « blairer. » Elle n’en sort que lorsqu’il n’y a plus de danger. Elle ignore tout de la philosophie qui voudrait nous faire croire qu’il faut se forcer à aimer tout le monde et que si ce n’est pas le cas c’est notre faute.

Accepter l’idée que toutes nos perceptions sont filtrées par notre subjectivité n’implique pas que nous devons nous comporter comme des éponges… Nos filtres sont à nous et ils font partie de notre relation écologique au monde à un instant T …

Cela ne veut pas dire que nous aurons les mêmes réactions d’allergie toute notre vie. Ça veut simplement dire que le plus important, dans tout ça c’est de conserver notre unité intérieure et que tout ce qui perturbe notre équilibre intérieur doit être reconnu comme tel…

Si quelque chose ou quelqu’un représente organiquement et psychologiquement un danger dans notre vie, il n’y a aucune raison de l’inviter à séjourner en plus dans notre organisme. Ce qui n’implique ni médisance ni critique mais juste une réaction de rejet assumé…

Ne nous forçons surtout pas à aimer ceux qui ne nous semblent pas aimables…

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