Redevenons « animistes »!

Comme nous pensons n’être qu’humains, nous souffrons d’une fâcheuse limitation. En fait, ce que nous nous représentons le plus naturellement c’est quelque chose qui ressemble à ce que nous pensons être nous-mêmes.

C’est pour cela que dans les films de science fiction ou d’horreur, nos créations ont presque toujours une bouche, des yeux et quelque chose qui leur sert à entendre. De même, lorsque des ingénieurs imaginent un robot évolué, ils lui donnent naturellement une forme humaine…

C’est la disparition de l’animisme qui en imposant l’idée de Dieu unique a implanté cette limitation dans notre subconscient. Avant cela, tout dans la nature était considéré comme sacré et du coup on n’avait pas besoin d’écologistes…

Les arbres, le moindre brin d’herbe, les rochers, les cours d’eau, les montagnes, les animaux de l’air, de la mer et de terre, tout ce qui existait était considéré comme parcelle de l’âme universelle ; le célèbre « Manitou », le grand Esprit » incarné dans tout ce qui se présentait aux yeux des hommes.

Comme les montagnes, les glaciers, les arbres et les laitues n’avaient ni oreilles ni bouche, nous en avons conclu, depuis des générations, que c’était des « choses » et que par conséquent elles ne pouvaient mériter notre écoute.

Règle appliquée aussi aux « animaux » qui contrairement aux « choses » sont animés mais n’auraient pas non plus ce supplément que nous aurions le privilège de posséder, cette âme, que nous ne voyons pas mais dont nous sommes si fiers.

On ne peut pas dire que les écologistes et les vegans ont fait avancer les choses depuis puisque c’est surtout à l’homme qu’ils pensent. A la pérennité d’une planète viable pour les écolos et à une bonne conscience pour les vegans qui profitent lâchement du fait que puisque les végétaux n’ont pas de bouche, ils ne peuvent pas crier leur souffrance lorsqu’on les coupe ou qu’on les fait cuire.

Certaines cultures qui ont une trame religieuse ancrée dans l’animisme conservent aujourd’hui encore ce sens de « l’unité » et de l’interdépendance des parties et du tout. Inutile pour eux de conceptualiser ce qu’on appelle en occident « la pensée systémique ». Par contre ils savent ce qu’est l’interdépendance et la gratitude donc ils ne sont ni vegan ni écologistes mais ils assument aussi leur responsabilité de prédateurs obligés et rendent grâces pour chaque parcelle de l’âme universelle qu’ils absorbent, par la bouche, les yeux, les oreilles, le nez ou la peau.

Ils reconnaissent qu’eux aussi appartiennent au tout et qu’un jour il faudra aussi que ce soit notre tour de nourrir d’autres éléments de la chaine alimentaire. (A suivre)

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